La valeur théologique des dogmes

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La Pentecôte

Les dogmes de l’Eglise, soutenus par la parole de l’Evangile, ont été révélés et transmis par les Pères des Conciles Œcuméniques de l’Église indivise dans l’Esprit-Saint, car l’Esprit est l’âme de l’Eglise, et c’est par Lui que  le témoignage de la vérité est continuellement rendu dans l’Eglise. les dogmes sont des vérités qui font resplendir la Vie divine dans le monde. Leur proclamation dans une confession de foi  juste  assure le rayonnement des puissances de Vie divine qui soutiennent les fondements du monde créé par Dieu.

L’Église, en sa sagesse, a enfermé ces puissances de vie divine dans des formules de Foi afin de les rendre accessibles à notre intelligence et de susciter l’adhésion de notre propre souffle à l’œuvre divino-humaine de vivification spirituelle du monde. L’histoire de l’Église, porte témoignage que la vérité et la vie, l’humilité et l’amour sont effectivement des puissances divines, suivant l’enseignement de l’Évangile. L’Apôtre Jean atteste que ces puissances sont des Noms du Verbe de Dieu Lui-même, des Noms que le Christ s’attribue à Lui-même et par lesquels l’Eglise proclame sa divinité et le mystère de son Incarnation[1].
La vérité et la vie, l’humilité et l’amour sont des soutiens inamovibles des dogmes de l’Église, analogues aux quatre branches de la Croix qui enferment dans les bras étendus du Verbe, la puissance de Vie divine qui a illuminé l’entière création dans la glorieuse Résurrection du matin de Pâques. En considération du mystère divino-humain du rayonnement de la Vie divine dans le monde que soutiennent les dogmes de l’Eglise, toute déformation qu’on leur fait subir dénature la Vérité, l’harmonieuse ordonnance de la loi de vie,  dont les dogmes constituent le socle et le fondement. « L’Église du Dieu vivant est la colonne et le fondement de la vérité », proclame l’Apôtre Paul dans sa lettre à Timothée (1Tm 3, 15). Et elle assure, dans la pureté et l’intégrité, le dépôt et la sauvegarde de cette Vérité par une confession de foi juste.

L’exigence de la garde des dogmes de l’Église dans leur pureté soutient, en nos cœurs, la garde de la parole, suivant la demande du Christ à ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole » (Jn 14, 23). La garde de la Parole et des dogmes dans leur pureté requiert une simplicité de cœur, un esprit de fidélité et d’obéissance à la Tradition ; elle est nécessaire non seulement à une vie de piété, de vérité, de justice, d’obéissance et de fidélité, mais également à la croissance de l’amour, au rayonnement des vertus divines de paix, de charité, de douceur d’âme, de joie de l’esprit, de longanimité, de serviabilité, de bonté, de confiance dans les autres, de douceur, de maîtrise de soi » (Gal 5, 22-23). Elle assure et maintient l’équilibre du monde contre le déferlement des forces de rébellion liguées contre la Vérité divine et son épanouissement dans le cœur de l’homme. La garde des dogmes dans la pureté est une véritable source de Salut, un luminaire qui éclaire la marche dynamique de l’histoire vers les fins dernières, le Retour glorieux du Christ. L’œuvre des Pères de l’Église de toutes les époques, les proclamations unanimes des Conciles œcuméniques, en portent témoignage.

L’ensemencement de la foi chrétienne par les Apôtres et les Pères de l’Église indivise des premiers siècles, fut l’œuvre de leur prédication, de leur proclamation, de leurs enseignements, de leurs écrits, autant que de leur martyre à vie et à sang. Ils ont jeté, dans la terre en friche des nations, à la suite de la parole de l’Évangile, des semences de vie et ils ont ainsi planté, dans le terreau des cœurs, rendu disponible à l’accueil de la Parole, les pousses vivifiantes de la Vie nouvelle, épanouies dans la lumière de la foi juste, la foi « orthodoxe » et dont l’Église, sous le manteau virginal de la Mère de Dieu, contre toute modification déformation et altération, assure la sauvegarde.


[1] « Je suis le chemin, la Vérité et la Vie » Jn 14, 6 ; « Je suis doux et humble de cœur » Mt 11, 29 ; « Dieu est Amour » (1Jn 4, 8 ; 16)