Le Togo

Pays de l’Afrique occidentale, de climat chaud et tropical, le Togo est situé sur une latitude nord de 8° degré et sur une longitude de 1°10. Il couvre une superficie de 56.785 km2. Sa configuration géographique est celle d’une bande de terre qui s’étire en longueur sur 600 km depuis les bords de l’0céan Atlantique au sud, jusqu’à la frontière avec le Burkina, au Nord. Sa bordure côtière couvre une largeur de 45 km entre la frontière du Ghana à l’ouest et celle du Bénin à l’est. Sa plus grande largeur de 140 km est située dans la région du centre, entre les villes de Sotouboua et d’Atakpamé.

La population du Togo, essentiellement jeune, est urbanisée à 35 %. Elle est estimée à 6.961.049 (juillet 2012). La moyenne d’âge est de 15 ans (40,9% de la population ont moins de 15 ans, 56% ont entre 15 et 64 ans et 3,1% ont 65 ans et plus).

Cette population est constituée de 29 % de chrétiens (22% appartiennent à la tradition de l’Eglise catholique romaine, 7% aux traditions de la réforme protestante) et 12 % sont de culte musulman. La majorité de la population, estimée à 69 %, reste attachée aux cultes traditionnels fétichistes et animistes.

D’une grande diversité ethnique, le peuple du Togo est constitué de 38 groupes de tailles très différentes les unes des autres et repartis en sept grands ensembles, caractérisés par un habitat géographique de référence, et par l’usage de langues et dialectes apparentés. Certains groupes forment de grands ensembles, telles que le groupe « ajatado » au sud du pays, alors que d’autres regroupent des minorités de taille modeste  :

  • les populations « ajatado » : 44% (Ewé, Watchi, Guin, Aja…) au sud ;
  • les populations du Moyen-Mono : 3% (Ifè, Fon, Mahi, Anyanga…) ;
  • les populations des Plateaux de l’Ouest : 4% (Akposso, Akébou,…) ;
  • les populations des chefferies du Nord : 10% (Kotokoli, Tchamba, Tchokossi, Bassar…) ;
  • les populations des massifs et piémonts du Nord : 21% (Kabiyè, Nawdéba, Lamba…) ;
  • les populations des plaines et plateaux de l’Extrême-Nord : 14% (Moba, Gourma, Konkomba, Peul…) ;
  • divers groupes minoritaires : 4% (dont Haoussa, Yorouba, non-Togolais), surtout citadins.[1]

 Les missions d’Évangélisation du Togo

Bien avant l’arrivée des missionnaires allemands au cours du XIXe, le Togo avait déjà été l’objet de plusieurs tentatives d’évangélisation dont celle des jésuites portugais à la fin du XVe siècle. La région en bordure de la bande côtière, peuplée par les Évhés, fut explorée par les Portugais durant les XVe et XVIe siècles. On peut dater les premières missions d’évangélisation de l’Église catholique romaine de cette époque.

 Les missions chrétiennes au Togo durant le XIXe siècle

 a/ L’activité missionnaire de l’Église catholique romaine et de la Mission protestante de Brême

En 1835, une chapelle catholique est créée à Agoué pour la communauté constituée principalement des descendants des commerçants originaires du Brésil.

A partir de 1853, la Mission de Brême, installée en pays Evhé à Keta au Ghana, enverra au Togo plus de cent missionnaires avant le début de la colonisation allemande.[2] Elle s’installera à Mission-Tové en 1893. Un poste d’évangélisation sera ouvert en 1895, anticipant d’un an l’arrivée des missionnaires. La langue Evhé sera écrite et fixée sous la forme dialectale qu’elle avait dans le Togo ghanéen où étaient installés la plupart des postes de la Mission de Brême.

b/ La Tradition Réformée protestante méthodiste de John Wesley[3].

En 1843 et en 1854, une activité missionnaire se déploya auprès du peuplement Guin[4] de la bande côtière d’Aného, sous les hospices du Pasteur de la Tradition Protestante Méthodiste, Thomas Birch Freeman, de la Mission Méthodiste John Wesley, installée à Freetown en Sierra Leone. Il fit une visite missionnaire à la ville d’Aného (Petit-Popo), le 28 mars 1843. Il y découvrit l’amorce d’une école fondée en 1842, par Georges Akuété Zankli Lawson 1er, un commerçant influent de la ville. Il soutint cet effort d’éducation et en fit un avant-poste de l’activité missionnaire de la Tradition protestante Méthodiste. Il approvisionna l’école en livres et y détacha des enseignants qualifiés de Lagos (Nigeria) et de Freetown (Sierra Leone) pour soutenir et renforcer Akuété Zankli Lawson dans sa tâche. Ainsi prit naissance une institution scolaire d’éducation et d’évangélisation dans la tradition de John Wesley. L’arrivée des missionnaires renforça l’enseignement qui intégrait aussi bien les jeunes enfants que les adultes dans son système éducatif.

Le système scolaire du Togo se généralisera au début de la colonisation allemande et connaîtra une organisation plus structurée, à dominante confessionnelle. Le gouverneur allemand Julius von Zech, en 1903 mettra en place un système d’enseignement organisé en écoles d’enfants, en écoles de villages et de stations menant à une formation de séminariste ou à une formation professionnelle ou bien à une école complémentaire. La colonisation française à la fin de la Première Guerre Mondiale prendra la relève du système allemand et sera marquée essentiellement par la réforme mise en place par le gouverneur Bonnecarrère. Par un arrêté daté du 4 septembre 1922, cette réforme, modifiera notablement le système allemand antérieur et donnera au système éducatif du Togo, une structure au sein de laquelle se distingueront les écoles de village, les écoles rurales ou régionales, les collèges d’enseignement secondaire général, technique ou professionnel menant aux Grandes Écoles régionales de l’AOF (Afrique Occidentale Française).

La mission allemande au Togo, de la fin du XIXe siècle au début de la Première Guerre (1914)

Le Togo devint une colonie allemande le 2 juillet 1884. A cette époque débuta une œuvre d’évangélisation sous l’égide de la Société du Verbe Divin qui y détacha des missionnaires. La Congrégation religieuse missionnaire, fondée au Pays-Bas en 1875 par le prêtre allemand Arnold Jansen (1837-1909) détacha cinq premiers missionnaires au Togo au mois d’août 1892. Confiée au Père Shäfer, Père-Supérieur qui reçut le titre de Pro-Préfet Apostolique pour le Togo, cette œuvre missionnaire reçut également le soutien du Père Dier et de trois Frères : Johannes, Norbertus et Venantius.

Le Vicariat Apostolique du Dahomey fut créé à cette époque, sous le pontificat du Pape Pie IX, le 28 août 1860. Il incluait dans son territoire ecclésiastique le Togo et s’étendait de la Volta jusqu’au fleuve Niger, de l’Atlantique jusqu’au Soudan qui, à l’époque, couvrait le territoire de l’actuel Mali. A partir du 26 juin 1883, ce vicariat changea de dénomination et devint le Vicariat apostolique de la baie du Bénin. Avant cette date, en 1882, un autre vicariat fut détaché du précédent, le Vicariat Apostolique de Lagos.

C’est à partir du 12 avril 1892, sous le pontificat du Pape Léon XIII que le Togo, détaché de la circonscription ecclésiastique du Dahomey, devint une Préfecture Apostolique à part entière.

« Le 25 Octobre 1892 s’ouvrit un cours pour catéchumènes. Le premier baptême eut lieu à Noël 1892, avec 70 catéchumènes et 48 écoliers. En effet, après les Pères Schäfer et Dier qui fondèrent les postes de Lomé (1892), Adjido, Porto-Séguro, Togoville (1893) et Aného (1895), Monseigneur Bücking, en fondant Atakpamé (1900), Kpalimé (1902), Kpandu (1904) et Bla (1906) établissait une ligne à 200 Km au nord de la côte et atteignait ainsi les centres reculés du pays. Quand à Monseigneur Schönig, il eut la tâche d’organiser l’Église à l’intérieur du pays. Ainsi furent créées les missions d’Assahun (1909), Agou, Adéta (1910 – 1911), Tsévié (1911) et enfin Ho. En 1913, la Mission comptait 12 stations principales, 47 prêtres, 15 frères, 25 religieuses, 228 instituteurs et en 1914 on comptait 19.740 baptisés, 270 mariages chrétiens, 198 écoles. Les Missionnaires Allemands allaient ainsi dans les zones les plus reculées à pieds, à cheval ou à vélo. C’est dans ce contexte que la guerre éclata en 1914. Tous les Missionnaires furent expulsés. Les chrétiens pleurèrent cette tragédie qui n’avait pas épargné leurs pères dans la foi. En janvier 1918, il ne restait plus aucun Missionnaire Allemand au Togo »[5].

Un travail de recherche sur « L’évolution socio-culturelle de la ville de Lomé »[6] nous fournit des renseignements sur les différents mouvements d’évangélisation qui œuvrèrent au Togo durant la deuxième moitié du XIXe siècle. Nous y apprenons que lorsqu’au mois de juillet de l’année 1884, la présence coloniale allemande commença à s’affirmer « sur l’espace géopolitique qui deviendra le Togo, des ressortissants d’autres nations européennes avaient, dans un voisinage immédiat, tant à l’est qu’à l’ouest, déjà entamé les premières étapes de leur installation et cherchaient à la consolider : ce sont les missionnaires chrétiens originaires de trois pays d’Europe : la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne. (On dénombre aussi parmi eux des suisses de langue allemande)[7].

« De la Grande-Bretagne étaient venus des missionnaires méthodistes (« wesleyens ») qui, depuis plus de trois décennies, s’étaient implantés à l’est du territoire, à Aného, progressivement entre 1842 et 1850 (Debrunner 1965 : 63-64)[8].

« En 1863, les missionnaires catholiques avaient fait, à partir de Ouidah (sur le territoire du Dahomey], un voyage d’exploration qui leur fit visiter Grand-popo, Agoué, Aného, Agbodrafo (Borghero 1997). Des membres de la Société missionnaire de l’Allemagne du Nord étaient venus de Brême, créer des stations en divers endroits à l’ouest du futur Togo : à Peki en 1847, à Keta en 1857, puis autour de Ho (Debrunner 1965 :67).

« Nous sommes, on se le rappelle, à la fin du XIXe siècle, période d’un vaste mouvement de redécouverte de l’Afrique par les Européens ; c’est aussi le moment où battent leur plein les rivalités coloniales, où les négociations s’intensifient entre les Européens à la veille de la conférence de Berlin (1884-85). La présence coloniale allemande au Togo ne va se structurer que progressivement, et par conséquent, n‘aura pas d’effet immédiat sur l’œuvre missionnaire, mais au fur et à mesure de la consolidation de l’armature administrative et politique, l’influence des milieux coloniaux va se faire sentir.

« L’administration allemande voudra, par exemple, éviter que les sociétés missionnaires ne se disputent les futurs chrétiens. C’est pourquoi le système de zones fut institué, dont une application fut l’interdiction faite en 1890 aux missionnaires catholiques de s’établir à Aného (alors capitale du territoire), pour la raison que les missionnaires wesleyens y étaient déjà.

« D’autre part, le pouvoir colonial allemand va demander aux missionnaires brêmois présents dans la région partagée par la frontière ouest du Togo, face à la Gold Coast, de transférer l’essentiel de leur activité missionnaire en territoire allemand (Debrunner 1965 : 105).

« A Aného, selon le vœu pressant du gouvernement colonial, le pasteur méthodiste anglais est remplacé en 1892 par un pasteur allemand, Johannes Mühleder.

« Pour ce qui est des missions catholiques, des tractations se dérouleront au plus haut niveau pour que la société missionnaire appelée à s’installer dans le Schutzgebiet (Protectorat) Togo soit allemande, ce qui fut fait en 1892, avec l’arrivée des cinq premiers missionnaires catholiques de la Société du Verbe divin. L’œuvre de l’évangélisation va être désormais conduite, toutes confessions réunies, exclusivement par des missionnaires allemands, catholiques, calvinistes ou méthodistes[9].

En avril 1901, débutera à Lomé, le grand chantier de la cathédrale catholique, le quatrième lieu de culte qui sera construit dans le pays. Inauguré le 21 septembre 1902 , il deviendra le siège du vicaire apostolique, puis de l’évêque. La construction d’un temple protestant à Lomé débute au mois de février 1906 pour s’achever au mois d’août 1907. Il sera ouvert comme lieu de culte à partir du 1er septembre 1907.

A la veille de la Première Guerre mondiale, les missions catholiques et protestantes avaient réalisé une belle œuvre, ouvrant l’accès à l’éducation scolaire en anglais, puis à partir de 1906, en allemand et offrant une formation professionnelle aux togolais de tous âges. « A Lomé, des milliers de Togolais avaient fait l’expérience stimulante d’une maîtrise de l’écriture de leur langue maternelle. Les missionnaires des deux confessions ont, en effet produit une littérature remarquable, compte tenu des moyens limités de l’époque, couvrant un large éventail : des grammaires aux opuscules pédagogiques en passant pas les manuels scolaires et les livres de prières »[10].

Le début de la Mission française au Togo après la Première Guerre mondiale.

La phase d’évangélisation allemande s’achèvera après la reddition de l’Allemagne à l’issue de la Première Guerre mondiale. Le Togo fut placé sous mandat de la SDN (La Société des Nations) et son administration, confiée à la France. Tous les missionnaires allemands furent déportés et durent quitter le Togo, dans la période du 11 octobre 1917 au 9 janvier 1918.

Monseigneur Hummel, vicaire apostolique de la Côte de l’Or, fut nommé administrateur apostolique du Togo. La Société des Missions Africaines de Lyon détacha au Togo quelques missionnaires, dont le Père Cessou, en septembre 1921. Celui-ci devint Vicaire Apostolique le 7 Juin 1923. Il était au début, assisté dans son œuvre par trois prêtres. En 1925, leur nombre passa de trois à vingt et un pour des fidèles évalués à 30.033 catholiques et 4.953 catéchumènes. Une église fut créée en 1929 à Sokodé et huit années plus tard, le 18 mai 1937, fut fondée la Préfecture Apostolique de Sokodé dont Mgr Strebler devint le premier Préfet Apostolique. L’année 1924, vit la création de la paroisse d’Assahoun. Agadji et Vogan suivirent en 1929, Noèpé en 1930, Tomégbé en 1936, Nuatja en 1940, Agbélouvé en 1943. En février 1956, le pays fut divisé en deux circonscriptions ecclésiastiques : l’archidiocèse de Lomé et le diocèse de Sokodé, confié respectivement à Monseigneur Strebler et Monseigneur Lingenheim. A partir de cette date le Togo devint une Église de plein exercice et non plus une terre de mission.[11]

Le Père Henri Kwakume, premier prêtre togolais, fut ordonné le 23 septembre 1928. Après le rappel à Dieu de Monseigneur Cessou, le 03 mars, la direction épiscopale de l’Église du Togo fut confiée à Monseigneur Strebler. Il fut intronisé Archevêque de Lomé le 24 février 1956.

En 1957, on comptait dans l’Archidiocèse de Lomé qui couvrait la région maritime et celle des plateaux, 159.037 catholiques. L’œuvre missionnaire de Monseigneur Strebler fut marqué par la constitution d’un clergé autochtone, une impulsion donnée à l’intégration de la jeunesse dans la vie de l’Église ainsi qu’une nouvelle dynamique donnée à l’éducation scolaire et à l’enseignement générale de confession chrétienne. Les fidèles bénéficièrent aussi d’une édification dans les valeurs fondamentales de la famille chrétienne.

La Tradition Protestante évangélique presbytérienne

L’Église Protestante évangélique presbytérienne, était présente au Togo depuis 1847, par la Mission allemande de Brême qui détacha dans le pays, depuis Kéta (Gold Coast) des missionnaires. Son œuvre d’évangélisation sera consolidée à partir de 1922 par la Société des Missions évangéliques de Paris (SMEP) qui assura la relève après le départ des missionnaires allemands. Elle y enverra le 25 février 1927, le pasteur Charles Maître. Les successeurs du Pasteur Maître, à son départ en 1931 viendront des Églises réformées de France et de Suisse. L’Église Protestante évangélique presbytérienne deviendra indépendante en 1959.[12]


[1] Nicoué Gayibor, Histoire des Togolais, Tome1, De l’Histoire des origines à l’Histoire du peuplement, page38, Editions Karthala et Presses de l’Université de Lomé (UL) 2011.

[2] Information fournie par R. Cornevin, Histoire de l’Afrique, Tome II : L’Afrique précoloniale : du tournant du XVIe au tournant du XXe siècle, p. 304, Coll. Bibliothèque historique, Éditions Payot, Paris 1966.

[3] John Wesley (1703-1791). Prêtre anglican britannique. Ordonné prêtre en 1724 par l’évêque d’Oxford, John Potter. Il finit par rompre avec l’Église anglicane en 1784. Il conféra lui-même, le 2 septembre 1784, n’étant que prêtre, l’ordination presbytérale à deux de ses prédicateurs itinérants, Richard Whatcoat et Thomas Vasey, dans une maison de Bristol. Il ordonna son ami Thomas Coke « inspecteur », autrement dit évêque. Il se servit pour chacune de ces rituels de l’ordinal du « Book of Common Prayer », bien que ce dernier précisât dès son préambule que seul un évêque peut conférer les ordres.

[4] Les peuples Evhé et Guin du Togo et du Ghana : L’histoire du peuple Evhé du Togo et du Ghana garde beaucoup de zones d’ombre pour les historiens, avant les contributions pour une meilleure connaissance de ce peuple, par les missionnaires allemands du xixe siècle, notamment par l’œuvre de grande valeur historique du Pasteur Jacob Spieth (Die Ewestümme, Berlin 1906). Le pasteur Spieth réalisa la traduction de la Bible de la langue allemande en évhé. D’autres missionnaires de la Mission de Bâle : B. Schlegel, J.C. Binder, M. Merz et H. Weyle avaient, quant à eux, réalisé des traductions partielles de la Bible. Jacob Spieth tira parti des traductions partielles de ces prédécesseurs ainsi que du dictionnaire de 20.000 mots évhé-allemand de Dietrich Westermann, et il eut le mérite de réaliser une traduction complète de toute la Bible de 1082 pages. Cette œuvre consacra l’unité linguiste du peuple évhé.

L’histoire du peuple Guin (Mina) révèle qu’une portion des Akwamou, installés dans le pays Twifo avait été vaincue par les Denkira vers 1650. Les Akwamou se déplacent alors vers le sud-est et font pression sur les Gâ, installés dans la plaine d’Accra au début du xvie siècle avec les Adangbe venus comme eux du Bénin. Les Gâ sont vaincus par les Akwamou à Ayawaso en 1660. Une partie d’entre eux quittera en 1687 la région d’Accra et viendra s’installer dans les régions de Grand Popo (Dahomey) et d’Anécho (= Petit Popo) au Togo, où ils seront rejoints par des Fanti d’Elmina. Cela révèle l’exemple d’une double migration de l’ouest de l’actuel territoire du Ghana de deux peuples qui constitueront un seul substrat linguistique, le Guin ou Mina : les Gâ d’une part, des Fanti d’autre part. Venus de l’ouest avec leurs coutumes, ils ont cependant adopté la langue de la région où ils s’installèrent, un dialecte Evhé. Le Mina ou Guin est apparenté au groupe Kwa, et à un sous-groupe comprenant l’Evhé, le Gen, le Fon, le Gun, l’Aja, le Pla, le Peda, et un certain nombre de langues apparentées. Ce sous-groupe est dénommé soit sous-groupe Evhé, soit sous-groupe Aja-tado.

[5] Site de l’Archidiocèse de Lomé, http://www.rcctogo.org/

[6] Agbobli-AtayiI Bertin, L’évolution socio-culturelle de la ville de Lomé, Département d’Histoire Université du Bénin – Lomé), in : Gayibor N., Marguerat Y. & Nyassogbo K. (ss. dir. de), 1998 : Le centenaire de Lomé, capitale du Togo (1897-1997), Actes du colloque de Lomé (3-6 mars 1997), Collection « Patrimoines » n°7, Lomé, Presses de l’UB, pp. 439-447.

[7] Ibid

[8] Debrunner H., 1965 : A Church between colonial powers. A study of the church in Togo. Londres, cité par Bertin Agbobli-Atayi, op. cit.

[9] Ibid.

[10] Agbobli-AtayiI Bertin, L’évolution socio-culturelle…, op.cit.

[11] Nicoué Gayibor, Histoire des togolais, Des origines aux années 1960, Tome 4, page 57, Éditions Karthala, Presses de l’Université de Lomé-UL, 2011.

[12] Marguerat Y. Pelei T., 1992 : Si Lomé m’était contée,Tome1. Lomé, Presses de l’UB.